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Entre haine et amitié - Yuna

 

 
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Entre haine et amitié - Yuna
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Post Entre haine et amitié - Yuna Reply with quote
Chers Amis,

Yuna a reçu le 2ème prix dans le cadre d'un concours littéraire mondial organisé pour toutes les écoles de MLF dans le monde.
La nouvelle devait être de 10 000 mots et devait contenir la phrase: "C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas".
Ci-joint la nouvelle et bonne lecture !

Marina
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Concours de nouvelles de la MLF Catégorie : 5ème – 4ème – 3ème

Grand Lycée Franco-Libanais Beyrouth – Liban Texte de Yuna Chemali, 3ème G

Entre haine et amitié


Pourquoi es-tu venu sur notre planète ? Julien me posait cette question tous les jours depuis quatre ans. Je ne lui répondais jamais. Sa question me ramenait vers un passé que je voulais oublier.
"-Fais-moi confiance. "
J'hésitais...
"-D'accord, mais tu ne me verras plus jamais de la même façon..."

"En l'an 2643, il y eut une invention qui eut un impact sur ma planète et engendra de grands changements. Mon père avait créé une arme révolutionnaire : le "pistolet à aspiration". Il aspirait l'énergie vitale de ce que l'on visait. Injecter cette énergie à quelqu'un était le plonger dans un bain de jouvence. Il pouvait vivre très longtemps. On décréta pouvoir aspirer l'énergie des végétaux et animaux, leurs vies n'étant pas aussi précieuses que les nôtres.
Cette arme bouleversa le monde et se propagea sur Matrix. Une aire nouvelle commençait. Ce vent de folie créa une nouvelle société. La population se divisa en deux, certains étaient enchantés et heureux, d'autres étaient contre ce genre de manipulations. Malheureusement, ces écologistes, en minorité, furent chassés des villes. Ils s'installèrent dans les forêts pour les protéger.

Mon père, A. Bovel, devint bientôt président et décréta qu’on pouvait désormais utiliser le "pistolet à aspiration" contre ces "Amis de la Nature". Ils seraient dorénavant considérés comme des animaux... De plus, c'étaient des proies de choix, leur énergie étant de loin supérieure. J'avais l'immense privilège, malgré mon jeune âge, d'avoir un pistolet à aspiration, et je m'en servais bien.

Un jour, je me hasardais dans la forêt à l'affut de "gibier", quand je sentis une présence dans l'arbre devant moi. Je tenais fermement mon pistolet. C'était sûrement un de ces écolos. La vie dans la forêt avait fait d'eux de farouches guerriers, rapides et extrêmement rusés, presque des magiciens dans l'art de la guerre. Il fallait se méfier, mais si j'arrivais à aspirer une vie, les bénéfices en seraient énormes : c'était une énergie de bonne qualité, pleine de force et de vitalité. De plus, je débarrasserais le monde de ces "vermines"!
Cependant, il y avait de quoi avoir peur, ces fous avaient déjà tué des chasseurs de vies comme moi. Nul ne savait comment ils faisaient pour abattre nos hommes qui étaient munis de l'arme la plus sophistiquée... Petit garçon, je n'étais pas de taille à affronter un de ces guerriers Verts. Celui-là devait être aussi grand et fort qu'un chêne, aussi habile qu'un singe. Sauvage et cruel, il m'agripperait et me sauterait au cou, m'arracherait des lambeaux de chairs avec ses dents et me ferait vivre un véritable supplice jusqu'à l'agonie et je mourrais finalement sous ses griffes acérées... Il était encore temps de prendre mes jambes à mon cou et de quitter cette forêt maudite... Mais je restais étrangement cloué là attendant cet adversaire inconnu et monstrueux... Avec mon pistolet, rien ne pouvait m'arriver...

"- Qui est là?" J'avais beau me forcer, la peur raisonnait dans ma voix. Le feuillage était trop touffu et je criais : "- Si tu ne descends pas, je vise l'arbre!". Pas de réponse. Je dis alors:
"- Lâche et minable monstre, montre-toi!" Je m'attendais à ce que le monstre s'élance violemment sur moi; au lieu de cela, pour toute réponse je reçus une pomme de pin sur la tête! Ce geste me surpris. A qui donc avais-je affaire?
C'est seulement à ce moment-là que je m'aperçus que mon pistolet avait disparu! Cette arme ne devait pas tomber entre les mains des Verts ! Comment mon mystérieux ennemi avait-il fait pour me la prendre sans même que je m'en aperçoive? Je ne le savais pas et ne le saurais jamais. Des craquements de branches, et une petite fille atterrit par terre avec l'agilité d'un chat. Elle se tourna vers moi. Nous étions enfin face à face. Elle ne correspondait pas du tout à l'image que je m'étais faite de mon ennemi.
Elle était petite et mince et devait avoir mon âge. Elle avait de longs cheveux noirs emmêlés et de grands yeux noirs et pétillants, qui scintillaient et reflétaient les doux rayons du soleil de cet après-midi d'été. Un petit nez retroussé, un sourire plein de malice et deux petites fossettes qui accentuaient son air innocent. Elle avait l'air gentil... Non! Il ne fallait pas me fier aux apparences et me laisser berner par son air doux et enfantin car un esprit diabolique agissait dans ce corps inoffensif... C'est ce que je croyais à l'époque...
Nous nous regardions dans les yeux, sans rien dire. J'étais sur le qui-vive. Mes mains étaient crispées. La petite fille tenait mon pistolet avec ses doigts crasseux. Je me souviens qu'à cet instant j’ai pensé: "Je fonce sur elle, lui arrache le pistolet, lui tire dessus et fonce à la maison le désinfecter!" Pourtant je ne fis rien. J'attendais. Une autre pensée vint, malgré moi, me titiller l'esprit : "Sans cette guerre, nous aurions pu devenir des amis..."
La petite fille me dit : "Va-t’en!
- M'en aller ? Un Bovel ne fuit jamais ! " La fillette ouvrit de grands yeux :
"- Tu es le fils de ce monstre ! Raison de plus pour fuir au plus vite! Les nôtres te découperont en petits morceaux s'ils le savent! Allez, rentre chez toi et ne reviens plus jamais." Elle me protégeait ? C'était suspect... Sûrement une de leurs ruses... Je lui dis :
"- Rends moi mon pistolet et je partirai.
- Oublie-le et va-t’en !" Dans ma poche, j'avais mon poignard laser qui n'attendait que moi.
Mais j’hésitais… Elle m'intriguait... Elle était différente des personnes que j'avais côtoyées jusqu'à présent. Je ne pus me retenir et lui demandai son nom. Elle me regarda étonnée. Pourquoi avoir entamé la conversation ? J'étais tellement gêné et j'avais les joues en feu...
Surprise elle répondit : "- Roxane, et toi ?"
J'étais heureux et lui dis de suite : "- Pol et j'ai dix ans. Et toi? "
- Euh... Dix ans aussi." Je sentis un goût amer et désagréable dans ma gorge. Nous discutions comme si nous étions amis. J'étais dans une situation délicate et me sentais mal à l'aise.
"- Ça ne va pas? Tu es tout pâle !" dit-elle. Tout à coup, elle se raidie et me chuchota :
"- Vite pars, quelqu'un approche". Le ton grave qu'elle employa me décida à abandonner mon pistolet et à déguerpir au plus vite, mais j'étais submergé par un doute soudain et je dis honteux :
"- Quel est le bon chemin?
- Tu t'es perdu! fit-elle un grain moqueuse.
- Non, j'ai oublié quel chemin prendre !"
Elle soupira, puis me fit signe de la suivre sans faire de bruits. Elle m'entraina alors dans un labyrinthe d'arbres. Savait-elle vraiment où elle allait ? Mais j'étais mal placé pour lui faire des remarques. " J'ai pris un autre chemin plus long et plus discret, l’autre est trop risqué. Tu peux facilement te faire prendre." On marcha cinq minutes sans parler.
"- Tiens" me dit-elle en me tendant mon pistolet.
-"Tu...Tu...me... le...donnes? Dis-je si lentement.
- Oui... Ton père est un malade mental... Tu risquerais des ennuis si tu ne le rapportes pas.
" J'étais abasourdi. J'articulais lentement :
"- Tu me le donnes ?!
- Je te le rends !
- Tu... Tu n'as pas peur que ...
- Que tu me tues ? Je te fais confiance, tu ne me ferais pas ça, n'est-ce pas Pol ?
- Non ! Bien sûr que non ! Je te le promets...
- Il faut me promettre de ne plus revenir ici.
- Euh... Oui. Mais tu es sûre ? Je serai armé...
- Pourquoi tu hésites tant?" Je ne le savais pas moi-même... C'était très étrange... Roxane était bizarre. Elle était très belle et généreuse et dégageait une aura positive. Cette fillette inspirait la confiance. J'étais troublé. Je me demandais pourquoi elle me faisait confiance puisque nous étions des ennemis !
"- Pourquoi m'aides-tu?
- Normal, il faut s'entraider !" dit-elle comme si c'était évident. Décidément cette fille était étrange !
"- Oui, entre amis, mais... enfin tu te mets en danger. Ce n'est pas logique !
- Je ne te considère pas comme mon ennemi. Avant, nous vivions en paix. Bien sûr il y avait des problèmes, mais pas cette haine profonde et continuelle. Ça m'horrifie de nous voir nous entretuer avec tellement de rage et de cruauté. C'est absurde. Nous faisons partis de la même espèce !
- C'est à cause de vous que le monde va mal.
- Non ! Vous êtes des sauvages ! Vous privez la faune et la flore de vie sans aucun scrupule. Vous êtes en train de détruire Matrix. Vous ne pensez pas aux générations futures, à nos enfants et aux vôtres ! Tout cela pour vivre plus longtemps ! Peu vous importe de détruire la vie d'autrui, tout ce qui compte pour vous c'est égoïstement la vôtre."

Elle était sur le point d'éclater en sanglots. Elle battit des cils pour refouler ses larmes. Cette petite fille était courageuse, elle m'impressionnait. De plus, je savais au fond de moi qu'elle avait raison. Elle poursuivit : "- Ton père est un monstre et un lâche ! Il fuit la mort en l'imposant aux autres. Qui est-il pour décider qui est digne de vivre et qui ne l'est pas ?! A cause de lui, des milliers d'enfants qui auraient dû grandir dans la sérénité et la paix, subissent la guerre, la cruauté, la faim, la haine, et la peur constamment. Ils doivent même faire face à la mort. Aucun enfant ne devrait subir cela !"

Je me taisais, je ne savais pas quoi dire. "- Elle a dû beaucoup souffrir" pensais-je. L'étrange petite fille des forêts se tourna brusquement, et ses yeux fixèrent les miens d'une façon si intense que je fus saisi d'une grande émotion. Elle sourit tristement puis dit:

"- C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas. Va ! Je ne te déteste pas… Tu es vide. Tu me fais penser à un rocher. Les rochers sont vides, ils n'ont pas de vie et pas de sentiment. Ils se croient puissants, mais ils ne peuvent ni bouger ni avancer. Ils restent à leur place. Ils ne connaissent pas la mort puisqu'ils ne sont pas vivants. Mais ils sont là. La vie et la mort sont indissociables. L'important n'est pas la durée de la vie mais comment nous la vivons. A quoi sert une vie éternelle si c'est un éternel cauchemar ?"

Roxane était plus sage que je ne l'aurais imaginé ! Ce qu'elle disait était juste. Je ne valais pas mieux qu'un rocher. Je sentis un grand vide en moi, comme si une énorme vague me noyait de l'intérieur. J'avais une vie futile et inutile.

Maintenant, je suis content qu'elle m'ait dit tout ça à l'époque et qu'elle m'ait ouvert les yeux. Mais à ce moment-là, j'étais déstabilisé. J'étais violent et impulsif... Soudain, je brandis le pistolet vers elle... Encore aujourd'hui, j'ignore pourquoi j'avais fait cela. Je sentis le temps ralentir... Et avant même de la viser, je regrettais déjà mon geste. Je la vis pâlir d'un coup, puis s'écrouler sans un bruit. Elle était morte… Je venais de la tuer de la même façon qu'on cueille une fleur. C'était inévitable, dans ma nature, je n'avais pas pu m'en empêcher. Moi qui avais grandi de l’autre côté, j'avais toujours tué toutes les formes de vies "inutiles" qui m'entouraient. Je prenais plaisir à sentir une fleur fanée, ou à manger un poulet que j'avais tué moi-même.

Avoir volé sans aucun scrupule la vie de Roxane... Une tristesse tranchante me traversa comme une épée... Et je me mis à pleurer de chaudes larmes salées. Je courais dans la forêt, sans savoir où j'allais. Laissant le corps inanimé derrière moi, je jetais le maudit pistolet. J'espérais que des Verts me trouvent et me tuent. C'est tout ce que je méritais! C'est à cause de gens comme moi que le monde souffre. Je l'avais tuée ! Pourquoi ? J'étais un monstre... Comme mon père... Comme toutes les personnes qui m'entouraient. La guerre, la haine, et l'égoïsme ont tout durci, même mon cœur d'enfant. Les préjugés et les stéréotypes qui se sont immiscés en moi dès mon plus jeune âge m'ont poussé à tuer mon... Mon amie ? Peut-être ma seule et véritable amie...

Une semaine plus tard, je pris une décision mûrement réfléchie. Je ne voulais plus être un rocher. Je voulais être un véritable être humain et me purifier. Je partis pour la seule planète qui n'avait pas été touchée par cette folie. La Planète Bleue, la Terre si belle."

Julien me regarda avec de grands yeux. Il ne savait pas quoi dire. Il ne s'attendait pas à ce que j'eus un tel passé!
"Je suis venu ici pour redevenir un enfant."
Fri Apr 14, 2017 4:22 pm View user's profile Send private message Send e-mail Visit poster's website
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