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Le vin en fête

 

 
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Le vin en fête
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Les fêtes de fin d’année riment avec grands repas, visites de famille et célébrations. Il est donc naturel d’accompagner ces moments avec une boisson digne de ces moments de qualité : le vin. Les Cananéens, Phéniciens et Romains ont cultivé la vigne sur les terres libanaises pendant des siècles avant que ce savoir-faire se concrétise et devienne l'une des marques de fabrique du Liban, rejoignant les cèdres, les oliviers et l'arak, au rang de symbole de cette terre gorgée de soleil et de talents. Cette année, huit domaines vinicoles libanais ont tenu a confier leurs secrets aux lecteurs de l'Agenda Culturel, et à exprimer surtout leur amour du terroir libanais, riche en saveurs et en possibilités.

Le Domaine Wardy, au cœur de l’identité libanaise

Originairement d’une famille produisant l’arak depuis 1891, la famille Wardy a acheté la moitié de la distillerie de l’entreprise Gantous & Abou Raad en 1965 afin de moderniser et changer la production. Depuis la plantation des vignobles en 1989 et la sortie du premier millésime en 1997, le Domaine Wardy a su s’implanter durablement sur les marchés local et international.

”Le vin, c’est une histoire de famille”, annonce d’emblée Aziz Wardy, copropriétaire et gérant du Domaine Wardy depuis 2009, lorsqu’il a remplacé son frère. ”Avant je travaillais dans la finance en Australie, mais la passion du vin a fini par me contaminer”, sourit-il. ”Aujourd’hui, cela s’est mêlé à mon identité propre.” Et pour cause ! Le Domaine de 65 hectares est situé à Zahlé, dont est issue sa famille. ”Zahlé, c’est nous, c’est ma famille”, estime-t-il. ”Nous essayons d’ailleurs de soutenir toutes les initiatives culturelles et sociales de la ville.”

La question de l’identité prend une place importante dans la façon qu’ont les Wardy de produire leur vin. ”Le terroir est une valeur prioritaire, car nous sommes fiers de faire du vin libanais” raconte Aziz Wardy. ”Je crois que nous avons une réelle passion envers le vin et nos terres, car chaque parcelle a une histoire, des générations se sont relayées pour en prendre soin, jusqu’à ce que les vignes apparaissent et prennent vie.” Ils s’attachent en effet à produire une variété de vins permettant de refléter les différents terroirs libanais, par des mono cépages et des assemblages se basant sur du Cabernet Sauvignon, Syrah, Merlot, Tempranillo et pour la première fois au Liban du Carménère pour les rouges, du Syrah et du Cinsault pour le rosé, et du Chardonnay et Sauvignon blanc pour les blancs.

Pour approfondir leur marque locale, le Domaine Wardy a lancé un nouveau vin blanc : le ‘Obeideh 2012’. Vieilli en fût de chêne pendant douze mois, c’est ”un test spécial Liban” car il est réalisé à partir du cépage local, l’obeideh, d’habitude réservé à la production d’arak. Unique au Liban, où le vin blanc n’est pas privilégié du fait du climat. Celui-ci ayant été ”très clément l’été ces deux dernières années” selon Aziz Wardy, l’équipe en a profité pour produire ce nouveau vin, décrit comme possédant ”de la finesse dans le bouquet, de la minéralité et une bouche cendrée très élégante. C’est celui que je conseille pour les fêtes de fin d’année”, précise le gérant du Domaine. ”Il rappelle la joie de vivre de notre culture méditerranéenne, avec des notes minérales typiques de la richesse de notre terroir et de la diversité de nos parcelles parsemées.” Fruité, aux accords d’abricot, de melon blanc et d’iode, ce vin est l’aboutissement d’un projet très personnel de la famille Wardy.

Malgré cette couleur Zahliote très affirmée, le Domaine Wardy exporte 80% de ses 250.000 bouteilles annuelles à l’étranger, la majorité sur le marché français où leur vin est apparemment très apprécié. ”Nous allons être distribués bientôt par le caviste Nicolas”, raconte-t-il. ”Nous sommes même tombés en rupture de stock de rosé cet été en France !"

Kefraya, un hommage aux traditions ancestrales

430 hectares de vignobles situés à 1000 mètres d’altitude sur un sol argileux et rocailleux et une passion toujours renouvelée pour la production du vin, voilà les secrets du Château Kefraya.

Sur un tell romain, le Château Kefraya surplombe la vallée de la Bekaa depuis 1946. Les vignes ont été plantées sur les terres de la famille de Bustros par le passionné d’histoire et de vin Michel de Bustros, et la cave a été prête en 1979. La guerre civile ne l’a pas empêché de produire son vin, ce qui est une preuve de “plus de témérité que de courage” selon lui. Les vins de Kefraya ont été exportés dès 1987, pour atteindre aujourd’hui une production annuelle d’environ 2 millions de bouteilles, dont 40% sont exportées principalement en France, en Amérique du Nord, aux Emirats et en Grande Bretagne.

En seulement quelques décennies, le Château Kefraya s’est hissé dans le peloton de tête des producteurs de vin libanais sur la scène locale, grâce notamment à des récompenses internationales comme la médaille d’or au concours International du vin à Vienne (AWC) pour le Château Kefraya 2007. Leur plus grande fierté reste le Comte de M, leur vin haut de gamme, récompensé pour la première fois par 'The Wine Advocate' qui a jugé le millésime 1996 comme étant “un succès exceptionnel pour le Liban” en lui attribuant une note de 91/100, première historique pour les producteurs de vin libanais. Le millésime Comte de M 2009 a renouvelé l’exploit avec une note de 92/100 en 2013.

Autant de défis relevés avec succès et qui confirment leur devise ‘Semper ultra’, toujours meilleur. Un esprit combattif allié à une personnalisation artistique des étiquettes du Château Kefraya rouge, chaque année par une artiste peintre telle que Rim El Jundi pour le millésime 2010 et Mona Bassili Sehnaoui pour 2009.

A l’origine de cette belle histoire, Michel de Bustros, qui a décidé dans les années 40 de cultiver les terres familiales, en friche, “avec des vignes car elles n’ont pas besoin de beaucoup d’eau”. Ce vin se veut un hommage aux civilisations passées, cananéenne, phénicienne et romaine, “qui ont produit du vin sur les terres libanaises pendant des millénaires”. Aujourd’hui, ce qui fait la force du Château Kefraya pour son propriétaire est que “nos vins, des vignes à la mise en bouteille, sont faits sur nos terres, avec qualité et passion”. Pour les fêtes, il conseille de “se faire plaisir en dégustant une bonne bouteille de notre Comte de M”.

Le domaine comporte trois gammes : les vins de séduction (Blanc de Blanc, Bretèches et Myst), les vins de fête (le Château Kefraya rouge et, depuis 2012, blanc et rosé) et les vins de prestige (Comte de M en rouge, Vissi d’Arte en blanc). Ces vins sont uniquement des assemblages de cépages connus comme, entre autres, le Cinsault, la Syrah et le Cabernet, et moins communs tels le Mourdèvre, le Bourboulenc ou encore l’Uniblanc.

Dernièrement et pour la première fois au Liban a été introduit le Carménère lors du Vinifest en octobre pour un atelier unique. Le public a ainsi pu créer ses propres crus, à l’aide de conseils d’un œnologue selon leurs préférences, en s’appuyant sur le mélange de trois cépages, la Syrah, le Cabernet Sauvignon et le Carménère. Une initiative qui a remporté un franc succès : avec 240 bouteilles personnalisées commandées depuis Vinifest, le Château Kefraya va lancer à l’occasion des fêtes de fin d’année des ateliers temporels de fabrication de vin.

Le Château Ka ’’Source de la Bekaa’’

Le Château Ka a été fondé en 2004, et ses premières bouteilles ont débarqué sur le marché libanais en 2005. Mais l’histoire familiale remonte au mandat français, période pendant laquelle le grand-père de Ghida Kassatly Boulos, la marketing manager, embouteillait du vin, des liqueurs et des sirops aux Français du Liban.

Le nom Ka vient de la mythologie égyptienne : pour les anciens Egyptiens, c’est l’un des cinq éléments indissociables composant l’être de son vivant, le double spirituel qui naît en même temps que l’humain et qui survit après la mort. Il représente la procréation et la force transmise d’une génération à l’autre. Ce nom a été choisi pour le Château de la famille Kassalty pour symboliser la source et la force contenue dans les terres de la Bekaa. “Nous possédons 70 hectares de vignobles à côté de Baalbeck”, précise Ghida. “Nous sommes presque les seuls au Liban à contrôler notre production, de la plantation à la distribution, ce qui est très important à nos yeux.” Cette passion pour la terre vient également de l’histoire familiale : “Mon père avait commencé à développer l’activité vinicole de l’entreprise de son propre père avant le début de la guerre vers 1969, qui y a mis fin en 1974”. Racheter en 2004 ces terres et les développer pour produire du vin est donc une revanche sur le passé, un moyen de se réapproprier l’histoire. Pour enrichir cette saga familiale, son frère a d’ailleurs lancé en 2000 les marques Buzz et Freez, après avoir travaillé pendant plus de dix ans dans la production de nourriture et de boissons.

Le Château Ka est encore jeune, le premier millésime datant de 2005. Aujourd’hui, ils proposent trois gammes : l’entrée de gamme, gardée six mois en fûts de chêne, la moyenne gamme, des rouges restant douze mois en fûts de chêne, et la haute gamme, les châteaux qui restent en barriques entre 18 et 24 mois.

Leurs trois vins rouges, vin blanc et vin rosé, ainsi que leur Muska, sont issus de cépages nobles tels que le Cabernet Sauvignon, le Syrah, le Merlot, le Tempranillo, le Viognier, le Sauvignon Blanc, le Muscat et le Chardonnay. Pour les fêtes de fin d’année, la marketing manager recommande leur Fleur de Ka, cuvée 2005 ou 2006, un vin rouge réputé par les connaisseurs pour son léger goût fumé, sa texture crémeuse et son arôme de cassis mûr.

La famille souhaite également s’exporter à l’international. Pour l’instant, la moitié de leurs 300.000 bouteilles annuelles sont disponible au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, au Canada et à Dubaï. “A l’étranger, les rouges ont autant de succès que le blanc”, explique-t-elle. “Et au Liban aussi !” Mais cet été, ils ont dû demander de doubler les quantités de rosé, toujours en rupture de stock à cette période ensoleillée de l’année. “Cette fois-ci, nous serons préparés”, s’amuse cette dernière.

La vigne au naturel avec la Réserve Ammiq

Issu de la famille Skaff, des viticulteurs de père en fils depuis près de 90 ans, Naji Skaff a investi une partie des terres familiales dans la production de vin.

Des 100 hectares appartenant à la famille Skaff, viticulteurs depuis le début du XXe siècle, quelque 1,5% ont été réservés par Naji Skaff à la viniculture. “J’ai lancé la première cuve en 2007, après m’être aperçu que très peu de caves libanaises ont leur terroir propre”, explique Naji Skaff. “J’ai pensé qu’il serait bon de faire un vin différent, avec un terroir de qualité.” Ce dernier contrôle exactement le goût et la qualité de son vin en utilisant la levure déjà présente sur ses terres, permettant de donner une touche résolument locale et naturelle à la fermentation de la boisson. “De nombreuses caves ont l’habitude d’utiliser de la levure réalisée en laboratoire”, ajoute-t-il. “Sur les terres de Ammiq, nous avons une levure dotée d’une personnalité propre !”

Passionné par l’œnologie, le gérant vinicole se tient toujours au courant des dernières analyses et expertises scientifiques sur le vin : “Selon les dernières études, la levure élevée dans les laboratoires risque de provoquer des maux de tête, ce qui n’est pas le cas dans notre vin. Nos vins ne donnent pas la migraine, et restent plutôt légers”, appuie sa femme, Hoda Skaff. D’autre part, la Réserve Ammiq pratique la vendange manuelle, qui a l’avantage de pouvoir distinguer le meilleur raisin et celui à maturité. Durant le processus de fermentation, contrairement aux vins français, ils n’ont pas besoin de rajouter du sucre pour augmenter le taux d’alcool car “ici, les fruits sont gorgés de soleil. On ajoute un peu de souffre pour stabiliser notre vin”, détaille Naji Skaff, “juste le taux permis internationalement. Nous sommes fiers de pouvoir dire : ce terroir-là donne ce goût-là, car tout est issu de la même terre”.

La Réserve Ammiq produit 7.000 bouteilles par an, réservées au marché local. “Nous tenons à satisfaire la demande libanaise avant de penser à l’étranger”, raconte le gérant. “Actuellement, nous faisons une étude sur la Chine, qui devrait être demandeuse d’ici quelques temps, mais nous devrons alors penser à augmenter la production annuelle.” Pour l’instant, le couple Skaff envisage l’avenir avec prudence et patience.

Les cépages cultivés sur les terres de la Réserve sont nombreux, tels le Cabernet sauvignon, le Merlot, la Syrah, le Grenache, le Chardonnay et le Viognier. Le Carignan, le Cinsault et le Sebbaghieh, un cépage indigène du Liban proche de l’Allicante bouché, ont presque 60 ans d’âge dans leur terroir. Le Pinot noir 2011, un mono cépage, est la petite nouveauté de la Réserve Ammiq et sort sur le marché libanais à la demande des consommateurs locaux à l’occasion des fêtes de fin d’année, aux côtés du Château 2009, assemblage de trois cépages vieilli en fûts de chêne français pendant deux ans. “Ce sont les deux vins que nous recommandons pour les fêtes”, conseille Naji Skaff, ’’bien que mon palais penche aussi du côté du Chardonnay, que nous avons léger et fruité”.

Les cinq terroirs en un de IXSIR

L’originalité du vin de IXSIR vient de sa diversité d’origines et de sa cave, considérée en 2011 comme le bâtiment le plus écologique du monde. Cinq ans après leur première cuvée, le succès est au rendez-vous pour les fondateurs du domaine.

Ce n’est pas une histoire de famille, mais de passion. En 2005, des cavistes, vendeurs et viniculteurs, libanais et étrangers , s’associent pour un projet sur le vin. Lancée avec Etienne Debbané, Gabriel Rivero et Hady Kahale, l’idée attire ensuite neuf autres partenaires, dont le PDG de Nissan-Renault, Carlos Ghosn. Ensemble, ils créent le domaine de IXSIR, avec une idée originale : “Nous voulions faire quelque chose de différent”, explique Hady Kahale. “Le Liban est un très petit espace qui concentre des différences climatiques très grandes, donc nous avons planté des vignobles dans cinq terroirs différents, de Jezzine au Nord du Liban mais toujours dans les montagnes, et les avons réunis en une seule bouteille.” Choix qui leur vaudra l’appellation “vin des montagnes”. Autre originalité, l’emplacement de la cave : “Il existe déjà huit caves à Batroun”, tempère-t-il. “Mais Batroun est pour nous le symbole de notre héritage historique vinicole.” En effet, le nom Batroun vient du grec ancien et signifie ‘grappe’, et la région était au temps des Phéniciens une terre de vignobles, sans compter le rôle de port de transit du vin de la ville à cette époque.

“Cette région est aussi très bien préservée de la construction sauvage, elle est très belle”, s’enthousiasme le co-gérant. “Dès le départ, nous souhaitions avoir une cave belle, où les gens pourraient apprendre sur le vin dans un cadre agréable à visiter et facile d’accès.” Sur le terrain qu’ils acquièrent se trouve déjà une maison du XVIIe siècle, ce qui les pousse à construire leur cave en-dessous du sol pour ne pas abîmer le paysage. “Par cette décision, nous avons vite réalisé de grandes économies en matière d’énergie car la cave est naturellement fraîche, pas besoin de la réfrigérer électriquement.” Par la suite, ils ont commencé à recycler, aussi bien l’eau que les matières végétales, ce qui vaut à leur cave le qualificatif de bâtiment le plus écologique du monde en 2011. “Nous pensons maintenant à installer des panneaux photovoltaïques afin de devenir énergétiquement indépendants”, ajoute Hady Kahale. Pour compléter leur côté ‘amis de la terre’, leurs raisins sont totalement organiques, et leur vin considéré comme naturel. Ils produisent 300.000 bouteilles par an, dont quelque 45% sont destinés à seize pays étrangers, un export destiné à augmenter avec le temps.

Les cépages de IXSIR sont très variés du fait de la diversité des terroirs. Parmi les principaux, en rouge, on retiendra le Syrah, le Merlot, le Cabernet et le Tempranillo, et en blanc, le Viognier et le Muscat. La cave propose six vins répartis en trois gammes : Altitudes, Grande Réserve et EL, la grande cuvée. D’ici avril, un nouveau vin blanc haute gamme signé IXSIR devrait rejoindre le rouge EL. “Pour les fêtes de fin d’année, je conseille d’assembler plusieurs vins rouges IXSIR, qui devraient correspondre aux différentes étapes de vos soirées”, estime le coresponsable. “Vous pouvez commencer votre dîner avec un Altitudes, sortir le plat principal avec un Grande Réserve, et partir faire la fête en débouchant un EL !”

Château Musar, un vin différent chaque année

Le Château Musar, dont les caves se situent à Ghazir, au-dessus de Jounieh à 450 mètres d’altitude, a été fondé en 1930 par Gaston Hochar, parti étudier la médecine en France mais revenu un an après avec des connaissances œnologiques. Depuis, le domaine produit des vins dits naturels

Depuis l’investissement familial en 1930, le Château Musar a fait varier ses objectifs et sa production au fil des événements : “Mon grand-père produisait pour les Français et les Libanais présents au Liban, vendant 97% de la production sur le marché local, puis mon oncle et mon père ont rejoint l’entreprise à la fin des années 1950”, raconte Gaston Hochar, directeur du domaine. “Pendant la guerre civile, nous sommes passés à 97% de la production à l’international, et sommes arrivés à équilibrer aujourd’hui avec 75% de nos 600.000 bouteilles annuelles pour l‘export.” Une seule chose n’a pas changé depuis des années, leurs vins sont naturels.

Une initiative qui remonte aux années 50 : “Mon père trouvait le goût des fruits au Liban exceptionnel, donc il a tenu à produire naturellement”, détaille le directeur. “Vingt à trente ans plus tard, son instinct s’est révélé exact car les vins avaient vieilli avec élégance et leur goût était de très grande qualité.” La famille a donc respecté la tradition, et continué à produire des vins dits naturels. “Le goût de nos vins est de fait différent chaque année, on ne cherche pas à obtenir un goût standard”, ajoute Gaston Hochar. “Nous laissons le vin se faire tout seul en fait, notre seul rôle est de l’orienter dans la bonne direction.” Le vignoble de Château Musar est le premier à être certifié bio au Liban, depuis 2006.

Château Musar produit 80% de vin rouge, 10% de vin blanc, 5% de rosé et 5% d’arak, fabriqué traditionnellement avec des produits de qualité. Pour les vins rouges, les cépages utilisés sont le Cinsault, le Carignan, le Cabernet Sauvignon, le Grenache et la Syrah, pour les blancs l’Obeideh et le Merwah sont des cépages indigènes qui composent le Château Musar blanc, tandis que le Chardonnay, le Viognier et le Vermentino forment leurs autres vins blancs. Récemment, le Musar Jeune, un vin rouge fruité et facile à boire, consommable dès un à deux ans, est arrivé sur le marché libanais. Pour célébrer les fêtes de décembre 2013, le Rosé Jeune, premier millésime de Cinsault, est également lancé au Liban.

Et pour agrémenter les repas de fête de cette fin d’année, il y en a pour tous les goûts. Il suffit de suivre les conseils de Gaston Hochar : “Pour ceux qui recherchent un vin fruité et facile, ni trop puissant ni trop riche en goût, je conseille le Musar Jeune. Pour ceux qui vont manger de la viande, le Hochar Père et Fils devrait tout à fait convenir avec son goût plus développé et moins fruité, très agréable à boire. Par contre, lors d’un dîner basé sur les viandes rouges ou du gibier avec des goûts riches, le Château Musar, un rouge très complexe qui peut vieillir 50 ans, est plus recommandé.”

Ksara, l’ancienneté, le volume et la qualité

Fondé en 1857, le domaine vinicole Ksara a traversé l’histoire libanaise pour atteindre une place de premier choix dans la production de vin locale.

Environ 2.800.000 bouteilles par an, 14 vins et 26 cépages répartis sur 420 hectares : voilà ce qui se cache derrière Ksara, le château qui se place à la tête du marché vinicole libanais. Le secret de sa réussite, selon son président Zafer Chaoui, réside dans “son ancienneté, son volume et sa qualité, avec des équipements à la pointe de la technologie”. Cela correspond au tiers de la production vinicole au Liban, dont 40% est exportée dans une trentaine de pays, à leur tête la Syrie jusqu’au début du conflit, la France, la Grande-Bretagne, le Canada et les Etats-Unis, globalement toute l’Europe occidentale, y compris la Scandinavie. “Nos ventes sont également en hausse aux Emirats, en Jordanie et en Irak”, ajoute-t-il. C’est la gamme la plus large sur le marché, avec six rouges, quatre blancs, trois rosés et un vin doux. “Nous n’avons d’ailleurs pas d’intention d’élargir la gamme ou d’augmenter la production, car tous nos efforts sont mis dans l’amélioration de nos vins”, indique Zafer Chaoui.

“Nos blancs et nos rosés s’écoulent sans problème dans l’année de leur sortie, mais nos rouges vieillissent autant qu’il faut dans les caves.” Au niveau climatique, le président estime qu’ils sont très proches des vins de Bordeaux. Les vins les plus populaires au Liban sont le Prieuré et la Réserve du Couvent, le plus connu à l’international, vins rouges abordables dont la réputation n’est plus à faire, mais “nos Châteaux correspondent très bien à une clientèle plus sélective”. Pour les fêtes de fin d’année, il conseille deux grands crus rouges : “Le Souverain est notre fierté, il a été lancé à l’occasion de notre 150e anniversaire en 2007. C’est un cépage noble, que je considère comme le haut de gamme de notre production. Mon grand coup de cœur est la Cuvée du IIIe millénaire, moins prétentieux mais tellement agréable à boire !”

Zafer Chaoui estime que Château Ksara est privilégié car il possède 2km de caves naturelles, découvertes à la fin du XIXe siècle et élargies par des déserteurs protégés par les Jésuites des Ottomans durant la première guerre mondiale. La température y est constante toute l’année, de 9 à 13 degrés, l’humidité est de 80%, conditions essentielles pour un parfait vieillissement du vin. Aujourd’hui, ces caves souterraines abritent plusieurs dizaines de milliers de bouteilles de vins prestigieux dont le fameux vin d’or cité par Gérard de Nerval, lors de son voyage en Orient. Cela a aussi rendu les caves très célèbres auprès des touristes : “Avant le conflit syrien, nous accueillions 70.000 visiteurs par an environ, soit plus que le Musée national”, s’exclame-t-il. “Pour ces touristes, il est possible de goûter de l’eau de vie Ksara vendue dans les caves car les quantités ne nous permettent pas de l’amener sur le marché.” Au départ fabriquée par les Jésuites, elle reste le petit plus de ces caves prisées par les visiteurs du monde entier.

ADYAR, le vin Bio des monastères

Adyar a été créé en 2003 par l’Ordre maronite libanais. Depuis, ses vins se sont imposés comme leaders du marché bio au Liban, par l’utilisation de techniques modernes et respectueuses de l’environnement.

Adyar veut dire ‘monastères’ en arabe. Il a d’ailleurs été créé en 2003 par l’Ordre maronite libanais, avec la volonté de continuer une tradition historique. “Le vin est la spécialité des moines depuis des siècles, leur production étant destinée à leur propre consommation et le surplus vendu à l’extérieur”, explique Rita Khoury Sfeir, marketing manager de Adyar.
“Les moines, considérés comme une élite intellectuelle, avaient aussi une main d’œuvre haut de gamme mise à leur disposition par l’institution monastériale, donc leurs activités étaient souvent efficaces et économiquement rentables.”
Les réalisations des monastères sont devenues des “produits du terroir”, mais la majorité n’hésite pas à transmettre leur héritage et leur savoir-faire à des entreprises modernes.

Adyar s’est démarqué en se spécialisant en agriculture biologique : c’est le seul producteur de vin au Liban à posséder une double certification bio, pour son vignoble et pour son vin. Les moines de l’Ordre maronite libanais ont entretenu leur héritage au travers d’un vin de qualité. Pour Rita Khoury, cela correspond à “une mission, une volonté et un défi de viticulture écologiquement responsable, profitable aux hommes et aux femmes travaillant dans la vigne, habitant aux alentours et consommant le vin”. En effet, on ne retrouve ni pesticide ni produit chimique dans le vin Adyar, composé d’engrais naturels et organiques. “Respecter les sols, la diversité de la faune et de la flore et préserver l’avenir du terroir sont très importants aux yeux des producteurs”, ajoute-t-elle. Ils ont d’ailleurs été récompensés par deux médailles : l’une en or pour ‘Expression monastique 2011’ en Allemagne au Prix international du vin Bio, et l’autre en argent pour ‘Inspiration 2012’.

“Nous sommes fiers de nos produits”, confie Rita Khoury. “Nous avons participé l’année dernière à plusieurs foires internationales et les vins libanais ont toujours du succès, vu leur qualité et la diversité de leurs terroirs. Les consommateurs libanais s’intéressent de plus en plus au vin et se vantent de leur connaissances, mais il y a beaucoup d’efforts à faire encore”, regrette-t-elle. De son côté, Adyar cherche par sa gamme de vins bios à intéresser les consommateurs en lançant une gamme de vins provenant de huit différentes régions “aux climats et terroirs exceptionnels” : Kfifane, Maad, Annaya, Mar Moussa, Beit Chabab, Qobbay, Rechmaya et Sir, “chacune ayant ses propres spécificités”. Autre particularité d’Adyar : la production de vins en mono cépage.

Pour les fêtes, la marketing manager conseille deux vins. Le ‘Monastère de Maad 2009’, un vin rouge Tempranillo, se marie bien avec des plats espagnols et mexicains par ses “notes de fruits macérés, de pruneaux, de fumée et de réglisse” et “ses arômes de compote de fruits, de pain, de figuiers et de toast”. Pour déguster sur des viandes blanches, le ‘Sublime 2012’ est un Riesling “allant sur le pamplemousse et la mandarine confite”, très frais et harmonieux.

Agenda culturel numero 456, 2013
Thu Feb 27, 2014 6:23 am View user's profile Send private message Send e-mail Visit poster's website
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