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Patrimoine: Saïda l’indomptable

Devenue aujourd’hui et grâce au courage, à la volonté et à l’esprit d’initiative de tous ceux qui aiment la ville, un passage obligé, Saïda rallie autour d’elle des milliers de souvenirs, des centaines de mémoires qui, loin de se diluer dans le grand tourbillon du temps, se font vivaces, impétueuses et passionnées. On retiendra un objectif, redonner à la ville son panache d’antan et trois fondations qui travaillent de concert pour mieux servir une majesté de cité qui a été, il y a de cela trois mille ans, un des lieux les plus importants de la gloire phénicienne. Citée dans la Bible comme «la perle de la Phénicie», la ville tient son nom du fils aîné de Canaan, Sidon, lui- même fils de Noé, et de l’arabe Sayd, la pêche. Homère et Virgile en parlaient en termes élogieux, louant ses habitants habiles, indomptables et astucieux. C’est que la Ville repose sur des superpositions d’histoire où conquêtes, gloires, destructions et soumissions se faisaient et se défaisaient alors que la mer imperturbable berçait et embrassait inlassablement Sidon la magnifique de ses flots rassurants et réguliers.

Sidon dans l’histoire

Mais revenons aux tous débuts, aux premiers balbutiements d’une terre et au livre de la Genèse dans lequel on retrouve la ville. Mais ce ne sera que bien des années plus tard que le nom de ce fastueux carrefour phénicien apparaîtra dans les fameuses tablettes de Tell el-Amara. Sidon est alors un port phénicien florissant et le commerce va bon train avec les peuples de la Méditerranée. Mais la cité paie cher sa prospérité et se retrouve ruinée sous la conduite de Tyr, la ville rivale depuis toujours. Dominée par les Assyriens, la ville se soumet en apparence puis se révolte, impossible à réellement dompter. En 677 av.J.-C., sa rébellion est sévèrement réprimée et les souverains assyriens rasent la ville, décapitent le roi et déportent les habitants. Sidon la fière est livrée aux Babyloniens puis aux Perses et elle tente au IVe siècle av. J.-C. une nouvelle fois de se libérer du joug de ses oppresseurs. La ville est incendiée et ses 40.000 habitants tués. Alexandre le Grand puis les Romains accordent un peu de répit à Sidon qui tente de renaître de ses cendres. L’industrie de la pourpre, du bronze et du verre soufflé dans lesquelles se distinguent ses habitants apportent une certaine prospérité et une grande renommée outre-mer à la cite. Détruite par un tremblement de terre en 551, c’est une ville affaiblie que les Arabes vont conquérir et à qui ils vont donner le nom de Saïda en 667. Après plus de 45 jours de blocus, les Croisés s’emparent de la ville en 1110. Sidon-Saïda devient le chef-lieu de la seigneurie de Sagette et continue son impétueux destin d’important port méditerranéen. Reprise par Saladin en 1187 puis par les Croisés de nouveau dix ans plus tard, Sagette est confiée aux Templiers et sert de refuge aux survivants du siège de Saint-Jean d’Acre. Saîda connaît enfin sous le règne de Fakhreddine une certaine prospérité et d’excellentes relations commerciales avec la France. Mais le remblaiement du port, le départ des Français en 1791, un autre séisme en 1837 et l’expansion du port de Beyrouth, font perdre à jamais à la ville son statut commercial. La suite malheureusement amène d’autres agresseurs aux portes de la ville et, du flot des réfugiés aux agressions israéliennes, les différentes invasions tant physiques que psychiques, l’isolement dû à la guerre vont affaiblir et le port et la ville.

Mais aujourd’hui cette ville au destin si riche, si prospère et si tragique, cette cité qui a fourni aux archéologues des pièces uniques, ce port qui a vu arriver et partir tant de conquérants ou de vaincus, s’étire, s’active, s’organise, se refait une santé, se prépare à se laisser redécouvrir. Ceux qui ont vécu dans Saïda, ceux qui ont vécu Saïda, se pressent, s’empressent de raviver les mémoires, de dégager les ombres de l’oubli, de secouer les poussières du néant dans lequel était plongée la ville durant ces dernières années. Tous les regards aujourd’hui convergent vers ce port du Sud, ce carrefour des peuples, de l”histoire et des cultures et les esprits s’accordent à dire que c’est là que tout a commencé, que tout s’est expliqué, et que la suite logique veut que Saïda offre de nouveau au Liban et au reste du monde son caractère vif, indomptable, libre, insoumis et cette part d’éternité qui éclabousse tous les ports de la côte libanaise.

Les amis de Saïda

Les aficionados de la ville ne manquent pas. Certains évoqueront l’odeur inoubliable des citronniers, d’autre le caractère séculaire de la ville, d’autres encore l’incroyable liberté et l’ouverture d’esprit de ses habitants. Tous sont néanmoins d’accord pour évoquer la nécessité aujourd’hui d’œuvrer main dans la main pour restaurer, colmater, instituer et surtout, comme nous le dit Bahia Hariri, responsable de la Fondation Hariri, faire connaître aux habitants de Saïda la vraie valeur de leur ville.

La fondation Hariri

S’il est une fondation pour qui la ville de Saïda est le point de départ et le point d’arrivée, c’est bien la Fondation Hariri. Cette institution est l’une des premières qui, du fin fond de l’abîme dans lequel était plongé le pays, a tenté de faire naître l’espoir dans le cœur des hommes. Partie de l’idée d’accorder des bourses à tous ceux qui désiraient entreprendre de hautes études et par là-même répandre le savoir partout où cela est possible, la Fondation Hariri s’est rapidement fixé comme mission d’améliorer le quotidien rendu pénible par les douloureux événements qui secouaient le pays. Désireuse de ne pas voir partir à tout jamais la jeunesse du pays et donc la force de demain, la fondation décide de créer l’université de Kfar Fallous. Répondant aux besoins d’une population isolée du reste du pays, un hôpital se met en place ainsi qu’une école gratuite. Malheureusement l’invasion israélienne en 1985 vient tout bouleverser. Mais la Fondation ne baisse pas les bras pour autant. L’université et l’école sont déménagées et les maisons détruites du vieux Saïda restaurées. Pour construire un pays, il faut construire les hommes et l’environnement dans lequel ils évoluent. Et cela les membres actifs de la fondation l’ont bien compris. Petit à petit, projet après projet, la notion de patrimoine a été réintroduite dans le langage des habitants de Saïda. La restauration de la Grande Mosquée dans les pures tradition islamiques vaut à la Fondation le prix de l’Agha Khan. Saïda renaît, reconquiert sa place, s’ouvre vers le reste du pays et attire les visiteurs de partout. La Fondation Hariri s’ouvre aux autres fondations et n’hésite pas à encourager toute initiative qui pourrait redonner à la ville un tant soit peu de son faste d’antan. Travaillant en intelligence avec les autres entreprises, elle fait du khan el Franj un haut lieu de rencontre et surtout de communication et comme nous le dit Bahia Hariri, «il y a deux portes dans le khan, une ouverte sur la ville, sur son espace hétéroclite bouillonnant de vie et plein d’humanité et l’autre grande ouverte vers l’extérieur, l’échange, la communication»… et l’avenir.

La fondation Audi

La famille Audi, originaire de Saïda, possédait une maison datant du début du siècle construire sur une vieille savonnerie traditionnelle dont les plus vieilles parties remontent au XVIIe siècle. Le temps et les affaires tiennent les membres de la famille éloignés de leur ville d’origine. Mais au lendemain de la fin de la guerre, alors que le pays se reconstruit petit à petit, Bahia Hariri demande aux anciens natifs de la ville de ne pas oublier leurs souvenirs. Germe alors dans l’esprit de Raymond Audi l’idée de réhabiliter la savonnerie et la vieille demeure familiale. C‘est le début d’un magnifique projet qui a nécessité un travail incroyable. L’ensemble du domaine est vidé des familles qui l’occupaient et qui sont relogées. Petit à petit la savonnerie dévoile ses trésors, ses voûtes des 4 mètres et renaît à la vie. Le Musée du savon voit le jour dans une superbe initiative qui raconte l’aventure magique du savon à travers les âges, les secrets de sa fabrication, les diversités de ses formes. Dans un décore d’une beauté à couper le souffle, le visiteur est plongé dans les techniques et rituels de jadis, du temps où les hommes déployaient tout les leur savoir et leur patience pour l’utilité du quotidien. Le quartier qui entoure l’ensemble est rénové, la maison réhabilitée abrite la Fondation Audi dont le but est de revaloriser tout le patrimoine socioculturel de la vieille ville Saïda. Dans l’avenir, la fondation compte initier des activités culturelles, participer à la remise en état des ruelles du quartier et redonner à ce qui fut hier une des plus belles villes de la région toute sa dynamique.

La fondation Debbané

Le Palais Debbané fut construit au début du XVIIIe siècle pour servir de demeure aux familles Maan et Hammoud. Il est racheté en 1800 par Youssef Debbané et classé en 1968 monuments historiques. Durant la guerre, le palais est occupé par des éléments armés et sombre dans le délabrement. En 1999, les héritiers de Georges, François ainsi que Marie Debbané-Naggear se désistent de leurs droits sur la propriété du palais en faveur de la Fondation Debbané. Cette fondation se fixe comme objectif de restituer la valeur historique et artistique du palais et de le constituer en musée. Les travaux débutent en l’an 2000 et le palais est ouvert aux visiteurs en 2001. Des études et des recherches sont entreprises pour la requalification du palais en Musée historique de Saïda. Ce musée présentera l’histoire de la ville avec des expositions d’objets, de textes, de documents et de manuscrits. Au-delà de la beauté de l’édifice en question, avec le iwan, le Qaat, la atabah et les diwans réhabilités à l’identique, les murs abriteront des siècles d’histoire pour qu’aucun visiteur qui vienne à passer par là n’ignore la formidable aventure que peut être le cheminement du destin d’une ville à travers le temps.

Chacune à sa manière avec ses moyens et ses buts fixés, ces trois fondations oeuvrent d’abord par amour. Amour pour une rue, un quartier, un port, une ville, une région et par-delà un pays tout entier. Allez donc faire un tour du côté de Saïda, visitez la ville, humez l’air marin, souriez aux habitants et laissez-vous emporter par ce formidable enthousiasme qui ne demande qu’à se partager…

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Les spécialités de la ville
La réputation des artisans de la ville Sidon s’étendit bien au-delà de Méditerranée. La colline de débris de murex haute de 40 mètres montre bien l’exploitation de ce coquillage dont les habitants extrayaient la pourpre. De cette couleur unique qui a fait la renommée de la ville et la fortune de ses commerçants, la pourpre est devenue un signe de pouvoir et de grandeur. Ce rose si prisé qui hésite entre la couleur du soleil couchant, celle de la lave en fusion ou les teintes presque irréelles d’une aurore boréale, naît à partir d’un coquillage, le murex. Assez nombreux autour de Sidon, ces coquillages se retrouvaient un peu partout sur les côtes méditerranéennes. Les pêcheurs les ramassaient dans leurs paniers, avant le printemps, et extrayaient leur chair qui était placée dans une grande cuve. Quelques jours plus tard, le tout était arrosé d’eau chaude et gardé à très haute température jusqu’à obtention d’un liquide d’un rouge très sombre qui servait alors à la teinture.
Parfaite rencontre entre l’air, le feu et la terre, l’artisanat du verre contient certainement une part de magie. Quelques particules de sable, des langues de feu et l’énergie du souffle humain se mêlent pour donner naissance à une petite merveille de finesse et de fragilité.
Un vrai travail d’alchimiste qui a longtemps fait briller le nom de Sidon et quelques kilomètres plus loin celui de Sarepta, Sarafand, sous le soleil de la méditerranée. Des écrits très anciens chantaient les louanges du verre soufflé des villes libanaises, s’extasiaient sur l’habileté des artisans libanais et laissaient croire à la pérennité de cet artisanat. Le verre soufflé à Sidon valait son pesant d’or du temps où les belles choses étaient rares et donc précieuses.
Le bronze, quant à lui, se travaillait pour confectionner armes solides et fragiles parures, pour les dames et les messieurs et l’habileté des habitants de Sidon faisaient pâlir de jalousie les bijoux les plus beaux.

Les monuments de Saida

Le château de la mer
Cette Qalaat el Bahr construite du temps des Croisés au cours de l’hiver 1227-1228 pour assurer la défense de la ville fut complétée lors du séjour de Saint Louis en Terre Sainte. Détruit lors du départ des Croisés, le Château fut rafistolé par les Arabes. Comme une parenthèse entre l’eau et la ville, comme une superposition de l’histoire, le Château dresse ses deux tours vers le ciel. Reliée à la terre par un pont, cette forteresse protège aujourd’hui les amoureux qui recherchent la fraîcheur de ses murs pour la chaleur de leurs ébats.

Le port
Jadis escale indispensable pour les commerçant qui faisant l’aller-retour entre l’Occident et l’Orient, entre deux cultures, entre deux mondes, le port florissant de Saïda a laissé la place à un petit port de pêche. Les barques s’enchevêtrent dans un méli-mélo de couleurs et les bateaux de plaisance rappellent que les Libanais sont avant tout des bons vivant.

Les souks
Un peu ébranlés par le temps et les dégâts de la guerre, les souks n’en méritent pas moins encore leur appellation. Commerçant, artisans, passants, la vie bouillonne dans ces ruelles bordées d’arcades emplies de bruits, de couleurs et d’odeurs. Les épiciers succèdent aux légumiers qui laissent la place aux bouchers, le tout dans un brouhaha sympathique.

Le Khan El Franj
Cette bâtisse imposante a été construite par Fakhreddine au XVIIe siècle alors que les échanges commerciaux avec les Français allaient bon train. Ce caravansérail bruissait autrefois des sabots des chevaux, des marchandages et des affaires qui s’y faisaient. Ce haut-lieu de rencontre qui servait autrefois à abriter les voyageurs de passage est agencé sur deux étages ordonnés autour d’une vaste cour ornée d’une fontaine. Les salles servaient d’entrepôts, d’écuries et à l’étage, des chambres pour les marchands. Réhabilité par la Fondation Hariri, le Khan est aujourd’hui un centre culturel et social avec un espace d’expositions et une salle de théâtre.

La Grande Mosquée
Restaurée par la fondation Hariri, ce lieu de culte fut construit sur les ruines d’une vieille église du XIIIe siècle construite par les hospitaliers de Saint Jean.

Tania H. Mehanna

 

 


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