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Vues Panorama > Beyrouth 


Le Musée National

La construction du Musée National de Beyrouth a commencé en 1930 pour s'achever en 1937 et accueillir en premier lieu les antiquités qui étaient auparavant entreposées dans l'immeuble des Diaconesses allemandes à la rue Georges Picot. Cette collection s'est par la suite enrichie du matériel provenant des fouilles réalisées sur le territoire Libanais; sacrophages, mosaïques, bijoux, monnaies, céramiques...

1975: Avec la fermeture du musée au public, ces objets ont été transportés pour être protégés, mais certaines sculptures, bas-reliefs et mosaïques, trop lourds à transporter ont été coulés dans des chapes de béton. Le Musée National qui était considéré a juste titre comme l'un des musées les plus riches du Moyen-Orient devint avec la guerre le siège d'une intense activité guerrière.

1995...: Depuis le retour du calme, la réhabilitation du musée est devenue la priorité du Ministère de la Culture et de la Fondation Nationale du Patrimoine. Un programme de restauration des pièces archéologiques ainsi que des travaux de réhabilitation du bâtiment ont été accomplis.
Aujourd'hui, à force de labeur, la renaissance de ce haut-lieu de conservation du patrimoine archéologique Libanais est enfin réalisée.

Article - Fulvio Roiter, 1980, Conseil National de Tourisme au Liban

Le Musée National de Beyrouth est un microcosme où le visiteur revit au présent les millénaires écoulés. Les civilisations qui se sont succédées dans ce petits pays se métamorphosent sous nos yeux. Elles prennent tantôt la forme d’outils, de silex ou d’os savamment travaillés, tantôt celle d’idoles ou de parures richement ornées. Dès la préhistoire se manifeste ici un souci constant de l’esthétique et du fonctionnel, du divin et de l’humain.

Les différentes étapes de l’aventure humaine se retrouvent qui vont mener peu à peu notre lointain ancêtre de l’étape de la cueillette et de la chasse à celle de l’élevage et de l’agriculture. Au cours du 7e millénaire, Byblos est le témoin privilégié d’un développement technologique et culturel extraordinaire. De véritables agglomérations voient le jour où de modestes logis sont équipés de fours à pains. Ils témoignent de l’emploi quotidien des céréales dans l’alimentation de ces premiers citadins qui tissaient leurs vêtements dans la laine de leurs troupeaux. C’est là que la poterie est inventée et l’on sait la vogue extraordinaire qu’elle connaîtra.

L’idée religieuse commence à se manifester: galets incisés ou figurines primitives, c’est bien sûr la fécondité que l’on révère. Les premiers sceaux témoignent de ce sens aigu de la propriété qu’avaient ces lointains habitants de Byblos qui déjà, au 5e millénaire, pratiquaient le commerce. Puis c’est l’apparition du métal et l’idee d’un au-delà possible que viennent suggérer ces jarres funéraires emplies d’offrandes et d’aliments. L’Egypte est là qui se manifeste par son albâtre et son granit sans parler de ses hiéroglyphes aux noms prestigieux de Khasekhaaoui, Chéops et Mykerinos, évocateurs des grandes pyramides de Sakkara et de Guizeh.

Au second millénaire, une même civilisation – la première que l’on puisse qualifier d’internationale – voit le jour en Méditerranée orientale. Située entre l’Anatolie, la Mésopotamie et l’Egypte, ouverte aux échanges avec le monde égéen, la Phénicie est la terre d’élection de cet âge cosmopolite. Dans ses ports s’affairent les marins crétois, chypriotes et égyptiens, débarquant leurs cargaisons et chargeant les multiples produits des artisans locaux ou ceux, plus lointains, amenés là par les caravanes venues de Syrie et de Mésopotamie. Malgré leur rôle actif sur l’échiquier méditerranéen, les régions phéniciennes demeurent dans la mouvance de l’Egypte comme l’indiquent les multiples ex-voto des temples ou le riche mobilier des tombes royales de Byblos.

Cette tendance au cosmopolitisme va s’accentuer avec l’arrivée des Hyksos vers la fin du XVIIIe siècle avant J.-C., car ces Hyksos, qui sont-ils sinon un amalgame de populations diverses, sémitiques et nordiques qui vont dominer l’Orient pendant près d’un siècle et demi. Témoins de ce temps, ces pichets ovoïdes d’un beau poli noir mat avec des zones piquetées d’incisions que l’on rencontre partout depuis la Nubie jusqu'à la Syrie du Nord. A cette céramique si particulière se trouvent associés des vases chypriotes et crétois du type dit de Kamarès, ainsi que de nombreux scarabées dont les élégantes spirales viennent tout droit du monde égéen.

La vie internationale se poursuit tout aussi intense, sinon davantage, durant les quatre siècles suivants, comme le montrent les récentes fouilles du Kumidi, cette cité phénicienne de la Béqaa qui eut son heure de gloire au XIVe siècle avant J.-C. Elle fut la capitale d’un royaume allié de l’Egypte d’Akhenaton, comme nous l’apprennent ces tablettes en terre cuite qui sont des lettres échangées entre le pharaon égyptien et divers princes de la région. D’autres objets, statuettes votives en bronze et en argent représentent le dieu Reshef ou la divine Astarté, tandis que de beaux vases à libation, d’origine mycénienne, constituent des témoignages concrets de l’importance grandissante du commerce égéen en terre d’Orient. Les exemples abondent aussi bien à Kumidi qu’à Byblos, Tyr et Sidon, sans oublier ces admirables pastères en or découvertes naguère au Liban-Nord, toutes semblables aux merveilles mises au jour à Mycènes même par l’illustre Schliemann.

Peu après, la Phénicie va connaître une des périodes les plus sombres de son histoire, un véritable hiatus culturel et artistique. Peu ou prou de témoignages de ces temps agités où les hordes d’envahisseurs surnommés peuples de la mer déferlent sur le pays et mettent à sac ses prestigieuses métropoles. Mais le Phénix ne va pas tarder à renaître de ses cendres, plus glorieux que jamais.

Dès le début du premier millénaire, la Phénicie connaîtra ce que l’on a appelé son âge d’or. Pendant plusieurs siècles, l’on assiste à un véritable épanouissement de la civilisation. Les Phéniciens dominent la mer et fondent sur tout le pourtour de la Méditerranée un vaste réseau de comptoirs et de colonies. C’est le moment aussi où d’obscurs scribes quelque part sur la côte, probablement à Byblos, ont inventé un alphabet qui connaîtra une prodigieuse fortune. De cela, le sarcophage du roi Ahiram de Byblos porte le témoignage à tout jamais, sans oublier Tyr, Sarepta et khaldé d’où sont partis Cadmos et ses compagnons à la conquête de la Grèce. Autre période faste, celle que la Phénicie connaît sous les rois perses achéménides qui, paradoxalement, transforment le pays en un foyer de culture hellénique. De nombreux monuments en portent la trace dont le moindre n’est pas cette merveilleuse assemblée de divinités olympiennes qu’entoure de toute part une sarabande de danseurs et de musiciens.

Puis vint la Pax Romana durant laquelle les Phéniciens, à l’abri des légions de l’Empire, connaissent une civilisation raffinée qui fera d’eux les artistes par excellence de ce vaste monde. Maîtres verriers, mosaïstes, peintres, sculpteurs et poètes chantent la joie de vivre, le luxe et la volupté.

- Le Musée National: >> Voir la Vue << (2001-02-01)
- Le Musée National: >> Voir la Vue << (2001-02-01)


 

 


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